Historique

1 - Le Tai Chi c'est quoi ?

Introduction

Le Taï Chi Chuan太极拳 littéralement « boxe du faîte suprême » ou plus couramment appelé « boxe de l’éternelle jeunesse » est un art martial chinois dont l'objectif premier est de préserver et de tonifier l’énergie vitale, le Qi

 

Légende

La légende littéraire raconte que le Tai Chi Chuan fut inventé par Zhang Sanfeng (13ème au 14ème s), un moine taoïste des monts Wudang (Wudangshan) qui, semble-t-il, aimait discuter des Classiques et de philosophie avec la population locale.

Sunt ta

Un jour qu'il récitait les Classiques, Zhang Sanfeng observa depuis sa fenêtre un oiseau se poser dans sa cour et scruter un serpent lové sur le sol. Le serpent regarda l'oiseau à son tour et un combat s'engagea entre eux. L'oiseau attaquait en déployant ses ailes tandis que le serpent agitait la tête et ondulait pour lui échapper. Chaque fois que l'oiseau attaquait, le serpent se contorsionnait et, grâce à un mouvement en spirale, réussissait à s'en écarter. Le combat dura un long moment, sans pour autant donner victoire à l'un ou à l'autre. Quand Zhang Sanfeng sortit de la cour, le serpent et l'oiseau avaient disparu. C'est en observant ce combat que Zhang Sanfeng eu l'idée d'allier la souplesse du serpent à la vitesse de l'oiseau et de créer le Taï Chi Chuan.

Chang san feng fondateur

Historique :

Les historiens ont réfuté la légende de Zhang Sanfeng car c’est un personnage partiellement légendaire.

Les premiers exercices de Tai Chi remontent aux années 500 avant J-C. A cette époque le philosophe taoïste Lao Zi pratiquait une série d’exercices physiques appelé Wei Wu Wei « agir sans agir », très proche du Taï Chi Chuan.

Plusieurs mythes et légendes se sont ensuite attribués l’origine du Tai Chi sous la forme que nous connaissons aujourd’hui, cependant, l’origine la plus probable reste celle de maître Chen Wangting qui créa le style de l’école Chen au 17ème s. après J-C. Le Taï Chi Chuan n’est donc pas un art martial millénaire comme il est présenté dans les magazines et revues de santé, mais il tire effectivement ses fondements dans des arts millénaires tels que le Kung-Fu Shaolin (6ème s. après JC alors que les 1er arts martiaux chinois datent de 600 av JC) et la Médecine Traditionnelle Chinoise (1250 av JC).
Suite à la création du Taï Chi Chuan style Chen, quelques variantes du style ont fait leur apparition avec chacune leurs caractéristiques. Chaque style porte le nom de son fondateur ou de la famille qui l’a transmis, on trouvera notamment les styles Yang, Li, Wu, Sun ou encore Tung.

Chine histoire

La notion de Qi

            La notion de Qi (prononcé Tchi) ou énergie est assez vaste car elle désigne plusieurs aspects d’une même réalité : c’est à la fois l’énergie du corps qui assure sa protection (énergie défensive), les impulsions (circulation/ mobilisation du sang et des Liquides Organiques), sa thermorégulation, mais également le souffle vital (énergie de l’air que nous utilisons à chaque respiration), etc. Le Qi représente toutes les parties énergétiques immatérielles dans notre organisme.

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Un travail lent et fluide (Souplesse)

Le travail du Taï Chi Chuan consiste à mobiliser le corps par un enchaînement de postures et de techniques martiales. Cet enchainement est appelé un Tao. Il doit être effectué à vitesse constante, de façon lente et souple afin de laisser le Qi circuler librement dans le corps et les méridiens.
Le principe est de détendre ses muscles et ses articulations pour que le Qi puisse s’écouler sans à-coups ni blocage (comme le sang qui coule dans nos veines), sans aucun obstacle afin d’atteindre les endroits les plus profonds et les plus reculés du corps.
La souplesse des mouvements et du corps sont signes de jeunesse, contrairement à la raideur des articulations et des membres qui sont signes de vieillissement. Après une séance de Taï Chi Chan vous pouvez vous sentir léger, souple, calme, détendu, voire vidé car le Qi circule enfin dans les moindres recoins de votre corps.

La méditation en mouvement

            Un autre aspect du Tai Chi est la conscience de soi. En travaillant le Tao, vous vous « plongez » dans votre corps, et vous vous concentrez sur ce que vous faites. Une fois l’enchainement maîtrisé, votre esprit et votre pensée sont centrés sur vous-même et vous prenez conscience de votre corps, votre esprit se vide et se libère, vous laissez libre circulation à vos pensées, jusqu’à faire le vide, ne penser à rien d’autre que vous, votre, corps, dans l’instant présent.

La respiration joue un rôle très important dans cette recherche de quiétude. Plus votre souffle est calme, régulier et maitrisé, plus votre corps et votre esprit sont coordonnés et en phase l’un avec l’autre, plus vous sentez cette sensation de ne faire qu’un avec votre corps, vous entrez alors dans la méditation.

2 - L’aspect martial du Tai Chi ?

L’apprentissage.

A l’origine cet art martial n’était transmis qu’aux membres de la famille. Par la suite, il a été transmis de Maître à disciple, et aujourd’hui nous le trouvons dans des écoles d’arts martiaux un peu partout dans le monde. Le style le plus populaire est le style Yang. Il est le style de référence pratiqué en compétition.

Son enseignement se fait par mimétisme, il faut observer les mouvements du professeur, et les reproduire indéfiniment. Plus la technique est reproduite, plus le mouvement s’affine et s’imprime dans le corps. Les enchainements de Taï Chi s’appellent des Tao (ou encore Taolu), ils sont les équivalents des katas en karaté ou en judo. Un Tao se compose d’un enchainement de techniques codifiées à travailler de façon fluide et précise. C’est en réalité un combat réel contre un ou plusieurs adversaires imaginaires (boxe de l’ombre).

Le Taï Chi est un véritable art martial,  on y retrouve toutes les techniques de kung-fu, c'est-à-dire : des frappes, blocages, esquives, parades, saisies etc. Ses techniques portent souvent un nom poétique imagé faisant référence à des animaux : « la grue blanche déploie ses ailes », « pousser le petit singe », « caresser la queue du Phoenix » etc. Il peut être pratiqué à mains nues mais aussi avec des armes comme l’épée, le sabre, la lance, l’éventail, le bâton etc. Comme tout art martial, le respect des professeurs et des pratiquants est de rigueur. On se respecte et se salue à chaque fois que l’on travaille avec un partenaire, pour le remercier de nous accepter, et de nous donner la possibilité de progresser. C’est dans la rigueur et la discipline que la progression est possible, chacun à sa place et dans le calme, les rangs bien tenus symbole de justesse et de précision.

On dit que c’est un art martial « interne » car on est centré sur sa conscience. Les mouvements sont lents et peuvent être du coup très précis. Tous les mouvements du Taï Chi ont une explication et une raison martiale, le but étant ensuite de retravailler ses techniques sur un partenaire pour les rendre efficaces. Ce travail s’appelle le Tui-Shou (poussée de mains ou mains collées), on y apprend à écouter son partenaire, travailler son équilibre, les esquives et les contre-attaques.

Toutes ces techniques sont basées sur le Tao (c'est-à-dire le Yin et le Yang). Cette notion est très importante en Taï Chi car lorsque un membre frappe, il est actif, on dit qu’il est Yang, l’autre membre est passif, on dit de lui qu’il est Yin. Ces aspects permettent l’équilibre du corps et de la technique. Les mouvements sont toujours souples et arrondis comme le cercle du Tao (Yin/Yang).